Samedi 19 septembre 2026, au lever du soleil, le professeur Jacques Besson a déposé son mythique chapeau pour la dernière fois ici bas.

Professeur émérite pour l’université. Humaniste devant l’Éternel pour toutes celles et ceux qui ont croisé sa route.

Et nous le soupçonnons d’avoir choisi son heure : partir avec la lumière qui revient, c’est tout lui.

Il voulait rester droit dans ses bottes jusqu’au bout. Il l’a fait. Et entre les bottes et le chapeau, il y avait un cœur immense, toujours sur la main.

Ce chapeau, le voici, posé dans le soleil du matin. Jacques et son chapeau, c’était tout un : on voyait arriver le chapeau, et l’on savait que la conversation allait devenir passionnante, et qu’on allait rire. Car Jacques, c’était l’humour incarné. Il passait de la neurobiologie à la théologie par le chemin d’un bon mot, et c’était souvent le bon mot qui soignait le mieux.

Président de notre Fondation, il a rendu possible un projet complètement fou : croire comme réaliste un centre transdisciplinaire communautaire en thérapies assistées par psychédéliques, où formation, thérapie et recherche se croisent sous l’impulsion des personnes concernées, celles et ceux dont l’expérience vécue devient ici la boussole.

Il l’a imaginé possible, l’œil pétillant et avec la force et la conviction indéfectible qui l’habitait.

Il nous a appris qu’une société en vide existentiel a besoin de retrouver du sens.

Que ce sens se trouve dans la reliance : à notre humanité… à nos humanités.

Il nous a surtout appris que face à l’ombre, la meilleure des réponses est l’amour absolu.

Comme sur cette image, l’ombre traverse le tissu, et la paille garde toute la chaleur du soleil. Jacques était ainsi. Il accueillait l’ombre, et il restait chaud.

Le voilà parti explorer cet autre monde qui attisait depuis toujours sa curiosité, ses convictions et son élan humaniste. Là-bas aussi, on a dû voir arriver le chapeau d’abord.

Le centre que tu as imaginé possible, nous allons le faire vivre. Avec exigence, avec joie, avec amour et lumière. À ta manière.

Merci, Professeur. Merci, l’explorateur des consciences. Merci, l’ami.

Bon voyage, Jacques. Un jour, tu nous raconteras ce que tu y découvres. Et connaissant ton sens de la formule, nous rirons.